Mutations de l’industrie et des pratiques vidéoludiques
- Imprimer
- Partager
- Partager sur Facebook
- Partager sur LinkedIn
Recherche
En France, le jeu vidéo est la première industrie culturelle par son chiffre d'affaires. Les pouvoirs publics considèrent de plus en plus l'industrie vidéoludique comme stratégique. En Région Auvergne-Rhône-Alpes, cette filière est également particulièrement dynamique. Afin d'analyser ces mutations, MIPVidéolud croisera différentes approches afin de contribuer à la réflexion autour des rapports entre culture industrialisée et mutations du capitalisme.
Financé pour une durée de 18 mois, le projet MIPVidéolud est fondé sur l'hypothèse suivante: en tant que premier contenu culturel nativement numérique, l'analyse critique des modes de production et de consommation du jeu vidéo est susceptible d'éclairer les logiques sociales qui sous-tendent les mutations des industries culturelles et médiatiques (ICM) dans leur ensemble. Pour ce faire, ce projet croisera différentes approches théoriques et méthodologiques (socio-économie, sociologie des pratiques et théorie critique), afin d'appréhender conjointement mutations socio-économiques de la filière et évolutions des pratiques des publics. Plus précisément, nous considérons que la filière vidéoludique constitue un terrain d'observation privilégié de phénomènes inscrits dans le temps long des trajectoires socio-économiques de l’ensemble des ICM:
-
Processus d’industrialisation et de marchandisation de la culture allant de pair avec des formes de légitimations culturelles des productions;
-
Essor et diversification des médiations techniques dans les pratiques culturelles et professionnelles;
-
"Plateformisation" des ICM, restructuration des marchés et place grandissante des acteurs de la Tech, de la production à la diffusion.
En se focalisant plus particulièrement sur les acteurs des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Île-de-France, la filière vidéoludique est envisagée comme un terrain d'analyse privilégié pour saisir l'évolution des rapports entre production et consommation dans les ICM, c'est-à-dire entre:
-
Les mutations des ICM en lien avec l'évolution des pratiques / consommations culturelles, dans le cadre des dynamiques d'ajustement entre ces deux pôles;
-
Les usages des terminaux numériques (et notamment la diversité des écrans qui peuplent les univers culturels des publics) et l'évolution des pratiques / consommations culturelles et médiatiques.
Le projet vise à articuler les apports de l'économie politique de la communication et des industries culturelles avec ceux de la sociologie des pratiques culturelles et de la théorie critique, notamment dans sa réflexion sur les rapports entre culture industrialisée et capitalisme. L'analyse reposera sur une méthodologie qualitative combinant entretiens semi-directifs, observations ethnographiques lors d'événements (publics et professionnels) et étude d'espaces de discussion en ligne. Les différents acteurs, de l'amont à l'aval de la chaîne (studios de développement, éditeurs, détaillants, associations et syndicats de professionnels) seront ainsi interrogés, afin de saisir finement son niveau d'intégration, de globalisation, de concentration et d'internationalisation, ainsi que l'évolution des rapports de force entre acteurs hétérogènes (privés et publics, issus des industries de la culture, de la communication et du numérique, prestataires et intermédiaires techniques). Cette analyse des stratégies des acteurs sera mise en regard de l'évolution des pratiques des publics, de la diversité des manières dont les jeux vidéo font "cultures" auprès des joueurs et des joueuses, c'est-à-dire les formes d'appropriations concrètes auxquelles ce type de contenu culturel donne lieu. L'objectif est donc d'identifier, à travers l'analyse des jeux vidéo, des modalités contemporaines de marchandisation du temps libre, sans présumer a priori de ses effets ni de ses limites.
Responsable scientifique
Lucien PERTICOZ (GRESEC)
Membres du projet
Lucie ALEXIS (GRESEC)
Anne-Sophie BELIARD (PACTE)
Seddik BENLAKSIRA (GRESEC)
Wen CAI (GRESEC)
Christophe MAGIS (CEMTI)
Martin RINGOT (GRESEC)
Olivier ZERBIB (PACTE)
- Imprimer
- Partager
- Partager sur Facebook
- Partager sur LinkedIn