Influences numérique sur l'alimentation des aînés
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Recherche
Ce projet cherche à mieux saisir la démarche de consultation d’information de santé chez les seniors liée aux pratiques alimentaires. En examinant les différents types de consultations existantes, depuis la recherche d’information sur les moteurs de recherche, la consultation de forums et d’informations communautaires, la consultation d’applications qui captent des données personnelles, jusqu’à une consultation médicale, renouvelée par la perspective d’une prescription informationnelle. Le projet s’intéresse à deux volets. Le premier concerne les aînés eux-mêmes, afin de mieux comprendre les pratiques numériques qu’ils développent autour de la notion d’hygiène alimentaire. Il s’agit ainsi d’appréhender ce que cette notion signifie pour eux, comment elle se traduit dans leur quotidien, afin, ensuite, de situer l’importance des usages numériques dans ce contexte. Dans un second temps, l’é! tude se porte sur l’entourage médical des aînés, en essayant de comprendre en quoi et comment ce dernier pourrait participer à la prévention des risques sanitaires liés à l’alimentation, notamment chez ceux recourant à des objets connectés. L’objectif est ainsi d’étudier le concept de prescription informationnelle par les professionnels de santé pour prévenir, encadrer et accompagner des pratiques alimentaires connectées qui soient à la fois pertinentes et sécurisées.
Contexte et objectifs du projet
Comme nous avons pu le montrer dans nos travaux précédents (Vigouroux-Zugasti, 2017), les pratiques informationnelles numériques liées à la santé chez les aînés s’effectuent aussi bien à des fins de consultation d’information qu’à des fins d’automédication, lesquelles ne sont pas toujours encadrées par des professionnels de santé. Concernant les pratiques liées à l’alimentation chez les aînés, nous constatons une problématique complexe. D’une part, la pratique alimentaire de l’usager repose sur ses représentations individuelles concernant l’hygiène ou l’équilibre alimentaires, dont la part culturelle, notamment en France, a une influence particulièrement forte (Hébel, 2010). Les dimensions soutenable et/ou écologique de l’alimentation restent peu marquées chez cette population. Les représentations ancrées amènent ainsi à une certaine rigidité dans l’évolution des pratiques alimentaires, malgré les efforts liés à l’éd! ucation à la santé sur ces vingt-cinq dernières années (Nutbeam, 2000). D’autre part, la facilité d’usage apparente proposée par Internet, les applications ou les objets connectés dissimule plusieurs difficultés et enjeux en ce qui concerne la capacité des usagers et patients aînés à pouvoir effectuer des choix raisonnés (Manafo & Wong, 2012).
Les dispositifs numériques requièrent des compétences et une culture suffisantes pour garantir une consultation informationnelle réellement efficiente et sécurisée, ce qui n’est pas toujours le cas chez les aînés (Berkman et al., 2011). La consultation de santé via des outils numériques nécessite des compétences issues de trois cultures, à la fois distinctes et complémentaires : la culture informationnelle (information literacy), la culture numérique (digital literacy) et la culture de santé (health literacy) (Berkman et al., 2011). Ces trois cultures se regroupent autour d’une approche globale : la littératie digitale de santé ou digital health literacy en anglais.
La manipulation d’informations de santé chez les aînés présente alors des risques importants. L’objectif d’AlimTIC mieux comprendre la démarche de consultation d’information de santé chez les aînés liée aux pratiques alimentaires et l’alliance existant avec leur littératie numérique de santé globale (Osborne et al., 2013). Le projet s’intéresse à deux volets. Le premier concerne les aînés eux-mêmes, afin de mieux comprendre les pratiques numériques qu’ils développent autour de la notion d’hygiène alimentaire. Nous souhaitons ainsi appréhender ce que cette notion signifie pour eux, comment elle se traduit dans leur quotidien, afin, ensuite, de situer l’importance des usages numériques dans ce contexte. Dans un second temps, nous cherchons à étudier l’entourage médical des aînés, en essayant de comprendre en quoi et comment ce dernier pourrait participer à la prévention des risques sanitaires liés à l’alimentation, notamment! chez ceux recourant à des objets connectés. L’objectif est ainsi d’étudier le concept de prescription informationnelle par les professionnels de santé pour prévenir, encadrer et accompagner la transition des pratiques alimentaires, en s’appuyant sur les technologies connectées, qui soient à la fois pertinentes et sécurisées.
Effet levier potentiel
L’objectif de ce projet est d’établir un premier état des lieux sur les pratiques alimentaires connectées des aînés. Une fois le projet terminé, les résultats serviront à effectuer des demandes de financement pour développer la suite du projet, grâce à un financement plus important. Il s’agira alors d’approfondir les résultats obtenus, pour ensuite les exploiter dans le cadre de co-design d’un outil à destination des aînés, en collaboration avec des patients et des professionnels de santé. Le but de cet outil est d’accompagner les aînés dans les pratiques connectées liées à l’alimentation, afin à la fois d’agir en prévention des risques sanitaires, mais également comme un outil de médiation des savoirs médicaux inhérents à la question de l’hygiène alimentaire.
Impacts, dissémination et retombées escomptés
Si le rapport aux technologies chez les aînés, y compris leurs usages de santé, et les effets des technologies sur l’alimentation représentent des deux objets d’études développés en sciences de l’information et de la communication (SIC), leur alliance comme un seul et même sujet d’étude présente un terrain tout à fait émergent. Le projet a pour but d’ouvrir de nouvelles perspectives de recherche, non seulement en SIC, mais aussi du point de vue transversal. Le but est que les résultats du projet puissent bénéficier à d’autres projets et d’encourager l’agglomération de chercheurs pluridisciplinaires sur ce sujet.
Résultats attendus quant à la prévention et à la sécurité
Le projet cherche à mieux prévenir les risques liés à l’utilisation inconsidérée d’informations ou d’outils. Il s’agit plus précisément d’envisager des actions de formation et de médiations, issues des résultats de la recherche, à destination des aînés. Nous attendons également des résultats quant aux dimensions préventives de la Santé Publique concernant les pratiques culture de santé liées à l’alimentation chez les aînés, pour voir comment il est possible de les faire évoluer. Enfin, nous envisageons une dimension davantage sécuritaire, en collaboration avec des professionnels de santé. Il s’agirait ainsi de débuter la conceptualisation d’outils permettant de limiter les risques (notamment informationnels) de santé chez les aînés dans leurs pratiques alimentaires et de mettre en valeur des pratiques alimentaires saines.
Complémentarité et positionnement du consortium
AlimTIC s’intègre dans le consortium et les axes de recherche du Labex quant au développement d’une alimentation saine et durable, tout en proposant un angle de recherche émergent, qui pourra compléter les approches existantes et ouvrir de nouvelles perspectives de recherche transdisciplinaires.
Responsable scientifique
Membres du projet
Eloria VIGOUROUX-ZUGASTI
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