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Parution / Recherche, Société
Du 12 juin 2026 au 30 mars 2027
Écrire fait partie intrinsèque du quotidien des chercheuses et chercheurs en Sciences de l’information et de la communication (SIC), mais « ce dénominateur commun masque à l’évidence une grande diversité quant aux pratiques d’écriture » (Le Bart et Mazel, 2021, p. 7).
L’écriture intervient à différentes étapes de la production des connaissances. Elle comprend d’abord des « écritures intermédiaires » (Achard, 1994), qui permettent de structurer la pensée et le raisonnement, de confronter des données, participant à l’évolution conceptuelle des connaissances (Berthelot, 2003). Elle participe également à la production des traces de l’enquête, à travers des formes diverses – visuelles, graphiques, sonores, filmiques ou encore performatives – mobilisées dans les processus d’observation, d’analyse et de restitution.
Enfin, l’écriture scientifique ne se limite pas à la publication académique entendue comme un ensemble de connaissances certifiées par et entre pairs : elle engage aussi des stratégies de médiation, de circulation et de valorisation des savoirs auprès de publics variés (Jeanneret, 1994).
Le terme d’« écriture » est ici entendu dans une acception large, qui dépasse la seule dimension langagière ou textuelle du « langage scientifique », pour mettre l’accent sur les dimensions subjectives, matérielles, médiatiques, relationnelles et situées de la production des savoirs, en intégrant les formats, les dispositifs et les pratiques qui rendent possible leur élaboration et leur circulation.
L’écriture scientifique est devenue un objet de recherche à part entière en SHS depuis les années 1970, dans un contexte où les chercheur·se·s, entre autres les sociologues, anthropologues, historien·ne·s, linguistes, rendent simultanément compte du contexte social et du contenu scientifique, en s’interrogeant sur les modes d’élaboration du savoir scientifique (Lefebvre, 2006). Ils et elles questionnent alors les conditions nécessaires au développement scientifique ou encore les relations qu’entretiennent les sciences et la société.
En SIC, les années 1990 sont marquées par les premières études critiques sur les « écrits d’écran » interrogeant l’écriture et ses « nouveaux » formats numériques (Jeanneret et Souchier, 1999 ; Souchier et al., 2019).
L’écriture scientifique n’est dès lors plus envisagée comme un simple support de diffusion des connaissances ; elle devient un « dispositif » de production des savoirs, où le sens et la forme ne sont plus dissociables et où se jouent également des rapports de pouvoir liés aux normes d’écriture, aux conditions de légitimité et aux modalités d’énonciation scientifique (Foucault, 1971).
D’autres travaux ont mis en évidence la multiplication des pratiques collectives centrées sur le document numérique (Zacklad, 2007 ; Zacklad et al., 2007), y compris pour la production des écrits scientifiques. Au prisme de la notion de « document », ces écrits sont aussi envisagés comme un ensemble de fragments issus d’annotations et de transactions entre des chercheur·se·s impliqué·es, « mettant en jeu leur “self” et des connaissances liées à la production d’une “oeuvre” […] » (Zacklad, 2007, p. 2).
Ces dynamiques prolongent la conception de l’écriture comme dispositif de production des savoirs, en soulignant sa dimension distribuée et collaborative.
Dossier coordonné par Lucie Alexis (Gresec – Université Grenoble Alpes – lucie.alexis
univ-grenoble-alpes.fr (lucie[dot]alexis[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr) et Lorreine Petters (Gresec – Université Grenoble Alpes – lorreine.petters
univ-grenoble-alpes.fr (lorreine[dot]petters[at]univ-grenoble-alpes[dot]fr)
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