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Groupe de recherche sur les enjeux de la Communication Groupe de recherche sur les enjeux de la Communication

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Introduction

Mis à jour le 22 novembre 2011

Journées ISTIC

Pour envisager l’avenir, il est souvent utile de faire retour sur le passé, et même sur le passé ancien. C’est autour de 1981-1982, seulement cinq ans après la création du groupe de recherches, que les premiers travaux empiriques sur les nouvelles techniques de l’information et de la communication sont engagées ; ils portent sur le vidéotex, d’abord sur le vidéotex local (Claire), ensuite sur un vidéotex d’informations agricoles lancé en Basse-Normandie (baptisé… Guillaume Tel). On peut encore consulter les rapports, et notamment « Les lueurs de Claire » ; on y retrouvera un intérêt marqué, non pour l’étude des usages (cela viendra assez rapidement), mais pour le suivi des expérimentations sociales d’un point de vue socio-institutionnel. Parmi les premières thèses soutenues, celles de Yolande Combès et de Christine Sammer prolongent ce travail de terrain, et même celle de Patrick Pajon sur les jeux d’arcade. L’intérêt pour les Tic (qui seront longtemps encore nouvelles) est conforté par la participation assidue aux premiers séminaires de la revue Réseaux, et les confrontations avec les autres chercheurs qui, parallèlement, enquêtent sur les autres expérimentations du vidéotex (Vélizy et autres lieux). À partir de 1984, les réseaux câblés s’ajoutent au vidéotex, et un important programme triannuel en collaboration avec d’autres équipes permet l’élargissement des préoccupations, notamment en direction de l’étude des stratégies d’acteurs : c’est notable dans un rapport de 1987 intitulé « Grenoble : les petits pas du câble », et encore plus manifeste dans différents rapports finaux d’un programme de recherches pour le CNET (direction générale des communications) de 1987 à 1990.

Notre participation de 1987 à 1995 au GdR du CNRS « Puces » au sein duquel le Gresec est l’une des 3 composantes (avec le Centre d’études des mouvements sociaux et le département Usages Sociaux des télécommunications du CNET) est l’occasion d’approfondir les réflexions et de mener des confrontations théoriques sur les rapports entre technique et communication, mais pas de développer les enquêtes de terrain.

La première moitié des années quatre-vingt-dix n’est pas marquée par des initiatives importantes, et les travaux de terrain connaissent un certain ralentissement. On doit cependant noter que l’important colloque européen organisé sous l’égide du Gresec à la fin de 1989, et dont les résultats sont publiés dans l’ouvrage collectif « Médias et communication en Europe » (Pug, 1990) comprend une proposition significative sur « la syntaxe des réseaux ». Ajoutons aussi les participations d’Isabelle Pailliart aux travaux de la Datar et surtout à ceux d’un groupe de travail de 12 experts européens réuni au sein de la Commission européenne sur les implications sociales et sociétales de la Société de l’Information. Le tournant, et la relance des travaux au sein d’ISTIC, dont la constitution en un axe différencié d’ICIC et de MEP avait été formalisée au début des années 1990 à l’occasion d’un Quadriennal recherche, se situent en mai 1997, date où est organisé à l’ICM un colloque sur les télé-services (en éducation et en santé) ; le numéro 47 (1999) de la revue Sciences de la Société, coordonné par Isabelle Pailliart rend compte des communications et des débats, avec un texte « programmatique » rédigé par Gaëtan Tremblay et Bernard Miège.

Dès lors, en à peu près dix ans, le Gresec, à lui seul, a développé sur cet objet des travaux donnant lieu à la publication de 3 ouvrages, 6 rapports de recherche (à la demande de commanditaires publics ou privés) et une vingtaine d’articles ; 12 thèses de Doctorat ont été soutenues (10 sont en préparation) ainsi que 3 HdR ; il a contribué à l’organisation ou à la co-organisation de Colloques (« Téléservices » déjà cité ; les 3 colloques « Penser les usages » 1999, 2001 et 2003 ; « Bogues » en 2002 ; Colloque de Douala en 2006, etc.) et de séminaires de recherche internes (TICE, qui a débouché au début de 2007 sur l’ERTé CARMAé, etc. ) ; et il a entraîné des coopérations avec d’autres équipes de recherche, notamment dans le GDR TIC (Pailliart I., Paquien Séguy F.). Les directions de travail portaient aussi bien sur l’insertion des TICs dans :
  • les territoires et les pouvoirs territoriaux (Balicco M.-P., Bardou-Boisnier S., Bouquillion P., Ould Sid Ahmed T, Pailliart I.) ;
  • l’enseignement et la formation (e- learning) ; (Fernandez-Arriaga N., Miège B.,Miguet M., Ologeanu R.,Paquienséguy F., Perez-Fragoso C.,Quinton P. ) ;
  • la téléphonie mobile avancée (Bouquillion P., Miège B., Paquienséguy F., Reynier F.) ;
  • la production agricole et l’aménagement rural (Salançon A.) ;
  • la communication des sciences et des techniques (Caune J., Miège B,.Pailliart I.,Pignard-Cheynel N.) ;
  • la communication dans le champ de la santé (Carré D., Miège B., Pailliart I., Romeyer H., Tarozzi S.) ;
  • les systèmes d’information d’organisations (Lépine V., Paquienséguy F.,Zlitni S.) ;
  • les nouvelles sociétés de production numérique (Galibert O) ;
  • le dialogue social dans les organisations (Carluer C., Guillaud P., Miège B.,Romeyer H.) ;
  • la bien improprement désignée « communication de développement » ( Miège B., Misse Misse) ;
  • la commercialisation des produits marchands et non- marchands (Galibert O., Poupart J.) ;
  • la conception, la production et les usages des produits multimédias et culturels (Defuans C., Heinrich M.-N., Paquienséguy F) ;
  • l’information & la communication de prévention (Poizat D.) ;
  • l’information de presse et l’information hors médias (Cavelier-Croissant V.,Chabbeh S.,Smyrnaios N., Zouari, K.) ;
  • la recherche d’information (Balicco L., Clavier V., Mounier E., Paganelli C., Staii A) ;
  • et de façon plus accessoire, le fonctionnement du champ politique (Blanchard G., Ledun M., Pailliart I.) ;

Dans ces différentes directions, l’implication des membres du Gresec (enseignants-chercheurs et doctorants) est/a été fort variable : il s’agissait aussi bien des programmes pluri- annuels que des recherches individuelles, et même de recensement et d’analyse des travaux conduits sur les TICs (Bouquillion P., Deschamps H., Miège B.). Mais l’objectif, généralement, a été de relier la formation des usages sociaux et l’émergence des dispositifs, aux stratégies de production des acteurs « majeurs » et aux changements des pratiques informationnelles et culturelles. Ces travaux s’inscrivent donc à la suite des critiques, auxquelles nous avions fortement contribué vers la fin des années quatre-vingt-dix, à l’encontre d’une conception « autonome » des usages sociaux ou d’une vision tendant à exalter les potentialités et les spécificités de l’émergent. Il est vrai que ces travaux, d’une façon ou d’une autre, n’ont pas été menés séparément des orientations des axes ICIC (Industrialisation de la Culture, de l’Information et des Communications) et MEP (Mutations de l’Espace Public). C’est sans doute là que réside notre contribution principale, et ce qui explique que nous ayons su résister aux dérapages observés de quelques travaux de SHS. À signaler cependant notre impuissance à valoriser nos travaux localement où le contexte nous a été régulièrement défavorable (est-ce durable ?).

Il n’est que temps de procéder à un bilan scientifique, et ce afin de mieux préciser ce qui nous caractérise, de mieux identifier les questions en débat et surtout de conforter nos positions théoriques pour la période à venir où nous allons être impliqués directement et centralement dans 3 projets du Cluster 14 de la Région Rhône Alpes. Les modalités de nos échanges vont être rappelées ci-après. Bernard Miège termine cette Introduction sans dissimuler qu’il a engagé la préparation du tome 3 de « La société conquise… » qui sera consacré aux …Tic, et qui devrait être achevé au début de 2007.
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