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Émotions, communications et organisations : les « moeurs » organisationnelles contemporaines

Mis à jour le 10 mai 2016

Action de recherche 6

Cette action de recherche s’inscrit dans une problématique qui interroge l’ancrage social des dispositifs sociotechniques en information-communication. Il s’agit d’articuler l’ordre de la technique aux différentes formes de médiations sociales que sont les organisations.

Coordination : Fabienne Martin-Juchat et Valérie Lépine

Les communications organisationnelles ne sont plus uniquement portées par des acteurs de la communication. Les  compétences communicationnelles traversent l’ensemble des fonctions professionnelles. Ces communications ont été massivement instrumentalisées, normalisées, soumises aux règles de contrôle et  plus généralement de gestion qu’a permis le développement des TIC dans les organisations. Des progiciels de gestion, aux systèmes d’information et de la communication, en passant par le  développement récent du numérique, c’est l’ensemble des processus de communication qui a été rationalisé et marchandisé dans un objectif d’augmentation de la production et de la valeur ajoutée.  Or, les économistes commencent à dire que la question de l’augmentation de la productivité liée aux TIC - une fois qu’ont été rationalisés les processus de travail à faible valeur ajoutée intellectuelle  et relationnelle - n’est plus aussi simple. Le plus complexe reste à faire et les dimensions relationnelles des communications organisationnelles deviennent ainsi le coeur des problématiques et des  intérêts des acteurs. Dans la continuité des travaux des auteurs qui ont pensé les articulations entre communications, organisations, et modernité, il s’agira d’étayer les caractéristiques d’une nouvelle  civilisation des « moeurs » pour les organisations. Il est fait référence ici aux travaux de N. Elias mais également aux travaux en SIC qui ont questionné les pratiques sociales, les manières d’être et  de faire, induites par la généralisation des dispositifs d’information et de communication.

Ces articulations seront étudiées dans ses différentes dimensions : des injonctions politico-étatiques aux expériences inter-subjectives. Nous nous attacherons plus particulièrement à étudier les  nouvelles formes de normalisation des émotions.

L’hypothèse qui sous-tend cette action de recherche est celle de l’existence d’un rapport étroit entre le procès de rationalisation des organisations  marchandes et non marchandes – soutenu par les TIC et le développement de phénomènes mobilisant la sensorialité, les émotions, l’expérientiel et l’immersif.

Parmi les hypothèses secondaires qui  en découlent :
  • Y a-t-il une corrélation entre la gestion à distance des relations qui augmente les risques de conflits parmi les parties prenantes et l’émergence de nouvelles compétences (du type les soft  kills), ou de nouveaux métiers (les médiateurs), ou encore le déploiement de réflexions sur le genre dans le domaine du management et du leadership.
  • La généralisation des pratiques numériques dans  les relations de travail demande aux acteurs de trouver des ressources face à la dispersion occasionnée et la surcharge affective liée aux systèmes d’alerte promus par les acteurs de l’économie de  l’attention. Le régime de multi-activités en flux continu génère-t-il une dispersion contre-productive ?
  • Y a-t-il des corrélations entre techno-politiques de bien-être, de sécurité et de santé au travail et  l’apparition de nouvelles structures visant à répondre à une demande sociale non couverte par les services de santé et de sécurité au travail.
  • Sur un autre registre, le contexte de crise du techno- pouvoir favorise-t-il le renouvellement des réflexions sur la place de l’improvisation et de l’irrationalité dans les prises de décisions. Peut-on lire ici une nécessité collective de construire des zones de créativité et de bricolage (au sens de Lévi-Strauss) pour relancer une dynamique sociale en berne ?

Activités :

Un séminaire de recherche sera dans un premier temps envisagé afin d’approfondir la problématique et les concepts et notions associées (« moeurs », « agir social », compétences, affectivité, etc.).  Dans un second temps une mise en dialogue et en débat avec des acteurs des secteurs socio-économiques et culturels sera envisagée. Une journée d’études sera organisée à mi-parcours. Des  réponses à des appels d’offre seront également programmées. Ces recherches seront valorisées par un dossier thématique dans une revue qualifiante.
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